Robert Léris : artisan de l’âme
Né en 1928, Robert Léris, sculpteur, soudeur, récupérateur et autodidacte, il y tient, fait partie des artistes inclassables. Cela ne plaît pas à cette époque, la nôtre qui aime tant mettre des étiquettes.
Son univers plein d’humour, de rêve et de tragique rappelle celui de son ami : Philippe Möhlitz, le grand graveur qui nous fait l’honneur d’habiter notre bonne ville de Bordeaux. Ils sont tous deux plus connus ailleurs ! Bordeaux a fait le choix du conceptuel.
Son univers survole avec brio science-fiction, Jules Verne, les machines incroyables de Léonard de Vinci, Jérôme Bosch et l’apocalypse.
Petits gremlins hallucinés, fous, chevauchant leurs drôles de machines : vaisseaux intergalactiques explorant aussi bien la stratosphère, le centre de la terre, les abysses et l’âme humaine. Leurs visages expriment angoisse et excitation, n’oublions pas leurs belles mains fines, distinguées aux doigts interminables. Ils ont l’air d’aller dans le mur, de le savoir et d’y prendre un certain plaisir.
Il y a aussi des évêques armés de mitrailleuses lourdes, ceux qui étaient sur le front de l’est avec la division Charlemagne, les grands inquisiteurs. L’horreur de la violence et de la guerre.
On peut s’interroger sur le bien fondé de la toute-puissante technologie, sur le mythe du progrès, sur la fuite en avant. « C’est être fou de ne pas être fou dans un monde de fous » nous dit Pascal.
Jusqu’au 5 Juillet 2007 Galerie Jane Huart 17 Rue Lafaurie de Monbadon 33000 Bordeaux
